Activités collaboratives autour d’un prix littéraire : le roman comme prétexte au dialogue social

Posté le 3 janvier 2011 Laisser un commentaire »

Auteur :

Lara GELALIAN (Faculté des lettres et des sciences humaines)

Le Poster :

Image du poster Lara GELALIAN - Innover & Enseigner 2011

Présentation :

Dans le cadre d’un cours que je donne au Département de Lettres à Tripoli et qui s’intitule « Atelier de lecture et d’écriture critique », j’ai proposé aux étudiantes de participer au Prix littéraire des lycéens du Liban pour son edition de 2010/2011. Cette proposition était bien sur préparée avec les collègues de la Mission laïque française qui organisent le Prix et elle servait parfaitement les objectifs du cours. L’intérêt de cette experience a ete multiple : participation a un evenement litteraire d’envergure, transformation des etudiants en inities devant les lyceens et donc responsabilisation et valorisation, vecu reel de la lecture comme pratique sociale, transformation du TPC en un defi dont l’enjeu depasse la note.

Je propose de partager cette expérience en en exposant les modalités de mise en place et la réalisation, avec bien sûr les bénéfices que les uns et les autres en ont tirés.

Contexte :

Participation d’étudiantes en Lettres françaises au CEULN au «Prix littéraire des lycéens du Liban».

Intitulé du cours : «Atelier de lecture et d’écriture critique» (3cr.).

Département de Lettres françaises-CEULN-L3-semestre 5- groupe d’étudiantes hétérogènes.

Profils au départ peu réactifs mis dans des situations de lecture ou d’écriture nécessitant une approche critique des productions littéraires proposées, principalement par le biais de la critique de la réception.

Activité focale de l’atelier : Participation des étudiantes au Prix littéraire des lycéens du Liban 2011. Animation par elles de deux rencontres différentes avec des élèves des lycées franco-libanais de Tripoli et de Nahr Ibrahim autour des œuvres sélectionnées pour le Prix.

Innover & Enseigner 2011 :

Cette pratique a été présentée lors de l’événement Innover & Enseigner 2011, le 11 février 2011 à l’USJ.


Objectifs de cette pratique :

  1. Attribuer à la lecture d’une œuvre littéraire des enjeux autres qu’académiques.
  2. Faire prendre conscience de la nécessité de l’intersubjectivité dans l’approche critique.
  3. Vivre l’expérience du fait littéraire actuel.
  4. Ouvrir le département à l’échange avec d’autres institutions.
  5. Participer à un événement culturel littéraire d’envergure.
  6. Prendre la parole devant un public inconnu.

Outils utilisés :

  • Mise à disposition des étudiantes des six romans sélectionnés pour le Prix.
  • Confrontation de sources numériques concernant les œuvres et les auteurs.
  • Visite des sites internet du Salon du livre francophone de Beyrouth 2010 et celui du Prix littéraire des lycéens du Liban.
  • Articles journalistiques portant sur des rencontres d’auteurs concernés par la sélection du Prix et présents au Salon du livre 2010.
  • Utilisation guidée de Power Point comme support pour l’animation des rencontres.

Etapes de la mise en place :

  • Information donnée concernant le Prix littéraire et visite du site en question trois semaines après le début du cours.
  • Proposition de participation au Prix, avec à la clé comme TPC du cours, l’animation de deux types de rencontres avec les élèves du Lycée Lamartine de Tripoli et celui de Nahr Ibrahim.
  • Mise à disposition des œuvres.
  • Premières recherches autour des œuvres et des auteurs.
  • Lancement des lectures en binômes ou plus par œuvre.
  • Bilan régulier des lectures et confrontation des points de vue.
  • Choix des aspects à aborder et d’une démarche à suivre pour l’animation de la rencontre.
  • Amélioration des propositions des étudiantes.
  • Partage concerté de la prise de parole.

Evaluation de la pratique :

Activité coopérative stimulante qui a permis de :

  • prendre conscience du caractère vivant et actuel de la littérature étudiée.
  • envisager la lecture et le dialogue avec l’œuvre comme un travail d’équipe.
  • rencontrer des « inconnus » hors des murs de l’université.
  • faire du professeur, à toutes les étapes du travail, le guide et non l’évaluateur en fin de parcours.
  • donner du sens à un TPC d’université parce que le travail pour les autres a plus de valeur que le travail pour soi.
  • dépasser sa réserve et sa maladresse lors d’une prise de parole en public en français par la préparation adéquate mais prendre conscience aussi de la nécessité d’une attitude souple face aux attentes de l’autre.
  • faire du débat critique en littérature une voie de passage vers l’autocritique.
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